Questions fréquentes


- Qu'est-ce que la mémétique ?
La mémétique utilise le concept de mème, pour étudier les évolutions de la culture avec une approche darwinienne. C'est une théorie de l'évolution étendue au domaine culturel. On y étudie le comportement des codes et schémas informationnels appelés mèmes, dans leurs milieux physico-chimiques et socio-culturels : l'homme, l'animal, la machine : tout support mémoriel. Si la génétique se base sur le concept de gène, pour étudier la nature, la mémétique se base sur le concept de mème, pour étudier la culture.

- La mémétique, comme étude des mèmes, je veux bien, mais pourquoi personne ne cherche à les définir ou à prouver leur existence ? Ce que je vois est très flou, et ressemble à un fourre-tout.
Une partie des méméticiens est d'accord avec ce point, refuse cette définition de la mémétique, et rejette ces exemples fourre-tout. Tout ce que nous connaissons n'est pas mème, mais plutôt "solution culturelle". Ces solutions culturelles, ne sont pas des "idées", mais l'expression de mèmes (morceaux de code informationnel), avec un début et une fin dans le temps et l'espace. (voir l'exemple de la partie de yams). Il faut également être très vigilant, pour toujours distinguer de manière explicite, les classes des instances. Parler des chats en général, ou de mon chat à moi, ce n'est pas du tout la même chose. Il s'agit de faire pareil en mémétique, en distinguant bien la solution culturelle générale "le fait de manger", et l'instance particulière "mon repas de ce midi".

- Oui mais, c'est quoi une solution cuturelle ?
Une solution culturelle, est une réponse souvent partielle, aux contraintes actuelle d'une situation. C'est l'expression du code mémétique, dans les systèmes mentaux, sociaux, et physiques. C'est les véhicules de mèmes, les "individus" de l'algorithme évolutionnaire culturel.

- Les discussions mémétiques, comme avec la théorie de l'évolution biologique, tournent autour des concepts d'individus, de population, de sélection, variation et de reproduction, mais je n'arrive pas à saisir de quoi cela parle, dans le domaine culturel. Pouvez-vous m'expliquer ?
Tout d'abord, il s'agit d'éviter l'erreur la plus classique. Les individus dont on parle ne sont pas des humains, et les populations ne sont pas humaines. Il s'agit d'être clair sur le sujet, car sinon on tombe dans la psychologie évolutionniste et ce genre de choses, qui ne sont pas de la mémétique. Lorsque l'on parle d'individu, il s'agit des solutions culturelles, et lorsque l'on parle de population, d'un ensemble de solutions culturelles. Lorsque l'on parle de sélection, il s'agit de toutes les formes de sélection des solutions culturelles, formes spécifiques au monde culturel, tout comme les formes de variation et de reproduction. Les travaux actuels, consistent à clarifier petit à petit ces définitions, en se basant sur ce que l'on sait du monde culturel.

- Pourquoi les chercheurs en sciences humaines ne s'intéressent pas à la mémétique ?
Toute nouveauté met un temps plus ou moins long, pour se diffuser ou non dans le monde académique. C'est d'ailleurs cette relative lenteur qui constitue un filtre (darwinien?) efficace. Aujourd'hui, la mémétique est relativement connue au travers de l'intuition de Dawkins, mais assez peu au niveau des développements récents. L'adhésion à l'approche mémétique, nécessite également une très bonne compréhension de la théorie de l'évolution, chose encore rare, et une ouverture pluri-disciplinaire en ce qui concerne l'aspect fédérateur du concept d'information, qui permet de se parler et de travailler avec des disciplines très différentes. Cela demande également, de passer du niveau matérialiste ou niveau conceptuel, et vice-versa, assez souvent.

- Je comprends tout, mais... en quoi est-ce nouveau ?
Les résistants à la mémétique, alternent souvent entre deux positions : soit tout cela ne repose sur rien de solide à leurs yeux, et ne constitue qu'une théorie farfelue construite en marge de la science, soit au contraire la mémétique ne fait que réinventer des concepts existants et reconnus depuis très longtemps. Selon nous, il est normal de trouver des similarités avec l'existant, nous n'étudions pas un domaine inexploré, mais ce qui fait notre quotidien depuis des siècles : notre culture. Il est normal, que l'on parle de choses connues, et de mécanismes connus. C'est même souhaitable, et rassurant. Là où nous disons qu'il y a nouveauté, c'est au niveau du cadre de référence, du point de vue, de l'approche (qu'importe le nom utilisé). Nous soulignons, que par anthropocentrisme, nous avons longtemps étudié les rapports entre l'humain, et son environnement, mais que nous n'avons jamais étudié les rapports entre le culturel, et son environnement. D'une manière imagée, on pourrait dire que, si les sciences cognitives étudient le traitement de l'information, la mémétique étudie comment les codes informationnels sont traités par les milieux physico-bio-socio-culturels. L'hypothèse mémétique qu'il faut alors valider est la suivante : est-ce que cette "pirouette" augmente réellement nos possibilités de compréhension, d'explication, de généralisation, de prédiction, ou d'action ? Il ne s'agit pas de prouver l'existence des objets d'études, que nous partageons avec beaucoup d'autres. Nous n'avons pas comme but de prouver l'existence matérielle de la pensée ou des idées.

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Grandes questions épistémologiques

1 - La mémétique apporte-t-elle quelque chose de neuf à la science et/ou à la pensée, et si oui, quoi ?

2 - La définition exacte du mème est-elle le point de départ ou l'aboutissement de la recherche ?

3 - La mémétique a-t-elle pour but ultime de remplacer toutes les sciences de l'homme ?

4 - Que deviennent le libre arbitre, l'émotion et la spiritualité ?
Qu'y a-t-il dans l'humain qui "échappe à la tyrannie du réplicateur" (RD) ?


Voir la synthèse d'échanges ayant eu lieu sur notre liste de discussion, résumés et commentés par Pascal Jouxtel le 11/02/03, relayée par le site Automates intelligents : http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2003/41/jouxtel.htm

5 - La réflexion mémétique est-elle un remède contre le fanatisme, le terrorisme et l'intolérance sous toutes ses formes ?




Grandes questions techniques

1 - Faut-il chercher le mème dans le cerveau, ou dans la culture ?

2 - Voyons-nous l'avènement d'un successeur au règne biologique ?

3 - Quelle place en mémétique pour des notions comme l'entropie ou le bruit ?
Le transfert d'information est au coeur de la mémétique, or chaque transmission est inévitablement soumise à un bruit parasite. La mémétique se doit donc d'expliquer quelle place y tient l'entropie.
Comment expliquer que le mème ne fond pas au fur et à mesure des échanges ?
Dans quelle mesure le bruit est-il source de mutation ? Si la mutation s'avère trop forte et que la réplication proprement dite devient impossible, comment l'approche 'réplication-mutation-sélection' reste-t-elle compatible.