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Auteur Fil de discussion: Questions fréquentes  (Lu 2489 fois)
Charles MOUGEL
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Président SFM


« le: 09/09/2009 à 11:20:07 »

Quoi ?
Proposition de rédaction d'une liste de questions fréquentes à propos de la mémétique, puis de leurs réponses.
- "questions" posées par des curieux, du grand public, aux spécialistes, en passant par la presse.
- "fréquentes", c'est à dire rencontrées à plusieurs reprises
- "à propos de mémétique", c'est à dire si possible, pas la question ou la réponse d'une personne en particulier

Pourquoi ?
- Prétexte pour discuter, construire, et faire évoluer ensemble, les briques de base.
- Pour avoir des réponses générales non personnelles sous la main, quand on nous pose ces questions. (et on nous les pose forcément, dès que l'on parle un peu mémétique dans notre entourage)
- Pour produire une page web, un imprimé, à recommander aux curieux.

Qui ?
- Les personnes à qui l'on a posé des questions, ou qui ont lu des questions.
- Toute personne intéressée pour manipuler des questions, y répondre, et faire des critiques constructives.
« Dernière édition: 20/12/2009 à 10:32:12 par Charles MOUGEL » Journalisée
Charles MOUGEL
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Président SFM


« Réponse #1 le: 20/12/2009 à 11:42:33 »

Questions / Réponses :

- Qu'est-ce que la mémétique ?
La mémétique utilise le concept de mème, pour étudier les évolutions de la culture avec une approche darwinienne. C'est une théorie de l'évolution étendue au domaine culturel. On y étudie le comportement des codes et schémas informationnels appelés mèmes, dans leurs milieux physico-chimiques et socio-culturels : l'homme, l'animal, la machine : tout support mémoriel. Si la génétique se base sur le concept de gène, pour étudier la nature, la mémétique se base sur le concept de mème, pour étudier la culture.

- La mémétique, comme étude des mèmes, je veux bien, mais pourquoi personne ne cherche à les définir ou à prouver leur existence ? Ce que je vois est très flou, et ressemble à un fourre-tout.

Une partie des méméticiens est d'accord avec ce point, refuse cette définition de la mémétique, et rejette ces exemples fourre-tout. Tout ce que nous connaissons n'est pas mème, mais plutôt "solution culturelle". Ces solutions culturelles, ne sont pas des "idées", mais l'expression de mèmes (morceaux de code informationnel), avec un début et une fin dans le temps et l'espace. (voir l'exemple de la partie de yams). Il faut également être très vigilant, pour toujours distinguer de manière explicite, les classes des instances. Parler des chats en général, ou de mon chat à moi, ce n'est pas du tout la même chose. Il s'agit de faire pareil en mémétique, en distinguant bien la solution culturelle générale "le fait de manger", et l'instance particulière "mon repas de ce midi".

Oui mais, c'est quoi une solution cuturelle ?
Une solution culturelle, est une réponse souvent partielle, aux contraintes actuelle d'une situation. C'est l'expression du code mémétique, dans les systèmes mentaux, sociaux, et physiques. C'est les véhicules de mèmes, les "individus" de l'algorithme évolutionnaire culturel.

- Les discussions mémétiques, comme avec la théorie de l'évolution biologique, tournent autour des concepts d'individus, de population, de sélection, variation et de reproduction, mais je n'arrive pas à saisir de quoi cela parle, dans le domaine culturel. Pouvez-vous m'expliquer ?

Tout d'abord, il s'agit d'éviter l'erreur la plus classique. Les individus dont on parle ne sont pas des humains, et les populations ne sont pas humaines. Il s'agit d'être clair sur le sujet, car sinon on tombe dans la psychologie évolutionniste et ce genre de choses, qui ne sont pas de la mémétique. Lorsque l'on parle d'individu, il s'agit des solutions culturelles, et lorsque l'on parle de population, d'un ensemble de solutions culturelles. Lorsque l'on parle de sélection, il s'agit de toutes les formes de sélection des solutions culturelles, formes spécifiques au monde culturel, tout comme les formes de variation et de reproduction. Les travaux actuels, consistent à clarifier petit à petit ces définitions, en se basant sur ce que l'on sait du monde culturel.

- Pourquoi les chercheurs en sciences humaines ne s'intéressent pas à la mémétique ?
Toute nouveauté met un temps plus ou moins long, pour se diffuser ou non dans le monde académique. C'est d'ailleurs cette relative lenteur qui constitue un filtre (darwinien?) efficace. Aujourd'hui, la mémétique est relativement connue au travers de l'intuition de Dawkins, mais assez peu au niveau des développements récents. L'adhésion à l'approche mémétique, nécessite également une très bonne compréhension de la théorie de l'évolution, chose encore rare, et une ouverture pluri-disciplinaire en ce qui concerne l'aspect fédérateur du concept d'information, qui permet de se parler et de travailler avec des disciplines très différentes. Cela demande également, de passer du niveau matérialiste ou niveau conceptuel, et vice-versa, assez souvent.

- Je comprends tout, mais... en quoi est-ce nouveau ?
Les résistants à la mémétique, alternent souvent entre deux positions : soit tout cela ne repose sur rien de solide à leurs yeux, et ne constitue qu'une théorie farfelue construite en marge de la science, soit au contraire la mémétique ne fait que réinventer des concepts existants et reconnus depuis très longtemps. Selon nous, il est normal de trouver des similarités avec l'existant, nous n'étudions pas un domaine inexploré, mais ce qui fait notre quotidien depuis des siècles : notre culture. Il est normal, que l'on parle de choses connues, et de mécanismes connus. C'est même souhaitable, et rassurant. Là où nous disons qu'il y a nouveauté, c'est au niveau du cadre de référence, du point de vue, de l'approche (qu'importe le nom utilisé). Nous soulignons, que par anthropocentrisme, nous avons longtemps étudié les rapports entre l'humain, et son environnement, mais que nous n'avons jamais étudié les rapports entre le culturel, et son environnement. D'une manière imagée, on pourrait dire que, si les sciences cognitives étudient le traitement de l'information, la mémétique étudie comment les codes informationnels sont traités par les milieux physico-bio-socio-culturels. L'hypothèse mémétique qu'il faut alors valider est la suivante : est-ce que cette "pirouette" augmente réellement nos possibilités de compréhension, d'explication, de généralisation, de prédiction, ou d'action ? Il ne s'agit pas de prouver l'existence des objets d'études, que nous partageons avec beaucoup d'autres. Nous n'avons pas comme but de prouver l'existence matérielle de la pensée ou des idées.

- Quelle est l'utilité actuelle de la mémétique, pourquoi si intéresser ?
...

- La mémétique semble bien expliquer le passé, à posteriori, mais peut-elle être utile à autre chose, comme faire des prévisions par exemple ?
...
Journalisée
Sylvain MAGNE
Membre SFM
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WWW
« Réponse #2 le: 22/12/2009 à 22:08:21 »

Très bien tout çà!

Quelques remarques.

Je noterai que le concept de « solution » n’est pas plus clair que celui de mème. Peut-être moins même. Je préfère parler de « phénotype » , de « véhicule », ou de « stratégie » plutôt que de solution. Quoiqu’il en soit il est clair qu’il faut faire le point.
D’ailleurs, je ne crois pas qu’on puisse rayer l’humain de la liste des véhicules mémétiques. Pour ma part, je développerai sur ce point dans les semaines à venir.

Keep up the good work Clin d'oeil
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Charles MOUGEL
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Président SFM


« Réponse #3 le: 23/12/2009 à 02:01:45 »

Oui, il ne faut pas hésiter à commenter, à faire varier les points de vue, ou à apporter quelques briques.

En ce qui concerne les solutions, évidement qu'il faut continuer à clarifier tout cela, ou trouver éventuellement un autre nom.

Pour rappel, je pense que le terme de solution est assez compatible avec le sens que l'on trouve ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Algorithme_evolutionniste
C'est ce que j'ai essayé de traduire dans la définition ci-dessus. Le "problème" étant les conditions du moment, tant internes qu'externes, la solution pourrait être la réaction à ces conditions. Oui, c'est très proche de la modélisation sous forme d'automate d'état fini, avec les états et les transitions. http://fr.wikipedia.org/wiki/Automate_fini Je ne sais pas si c'est une bonne chose, mais c'est une manière de voir.

Personnellement, si le terme de solution permet de se rapprocher des informaticiens, il sous-entend pour beaucoup de personne l'existence d'un "problème", et surtout d'une réponse optimale unique et complète (le problème est alors résolu si on la trouve). Or, cette compréhension s'éloigne assez, de la vision énoncée plus haut, avec une population de solutions diverses, répondant aux contraintes de manière plus ou moins optimales, avec une existence de solution complète non-nécessaire. (boire calme la soif, mais ça ne dure pas longtemps, et ça n'améliore pas d'autres contraintes du moment).

C'est pourquoi depuis maintenant quelques années, je propose la terminologie de "fait culturel", dans le sens d'un évènement probabiliste. Un tel évènement est par définition observable, et défini par l'observateur théoricien. Comme pour l'analyse des comportements, la phase de définition est très importante, mais aussi très libre. On peut également envisager des observations longues, avec relevés précis, probabilités que le fait A soit toujours suivi de B, etc... on est dans un cadre connu.

J'ai hâte de chercher à comprendre où précisément, le concept de solution (hors sens commun), n'est pas clair. Bien sûr, je ne parle pas de l'humain véhicule, puisque tu vas développer bientôt. Pour info, perso, je ne suis pas du tout d'accord pour revenir à l'humain comme véhicule à mème, je me bats déjà suffisamment pour que ce contre-sens ne se reproduise pas trop. Mais bien sûr, je suis très curieux de lire ce que tu as à dire sur le sujet.
Journalisée
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