Pascal Jouxtel : Comment les systèmes pondent
Comment font les jeux à la mode pour se reproduire ? Comment survit le commerce équitable ? Comment tel rituel s’impose-t-il à des millions d’hommes ? Tous les systèmes se reproduisent-ils de façon semblable ?
Voilà trente ans que la question se pose et que la science recherche le “ mème ”, cet équivalent culturel du “ gène ” qui permettrait la transmission et l’évolution des trouvailles de la culture humaine.
Lorsque nous pensons ou agissons, nous ne sommes pas aussi libres que nous aimons le croire. Malgré nous, par nos choix de mots, d’attitudes ou simplement d’objets de consommation, nous contribuons à reproduire des modèles et des systèmes.
Le mot “ mème ” est apparu en 1976 sous la plume du biologiste Richard Dawkins. Forgé à la ressemblance du mot “ gène ”, il suggère les idées de mémoire et d’imitation.
Les solutions inventée par l’homme, qu’elles soient pratiques ou symboliques, vivent leur vie dans un monde sans merci où s’expriment “ best-sellers ” conquérants et mèmes récessifs discrètement repliés dans des poches de résistance…
Faut-il chercher les mèmes dans les cerveaux, les communautés, le mode d’emploi des machines ou les règles de comportement ? Où qu’ils soient, la mémétique nous apprend beaucoup sur nous-mêmes, le monde et ce que nos vies deviennent.
Ingénieur, automaticien, consultant en conduite du changement, Pascal Jouxtel porte un “ regard d’évolutionniste ” sur les pratiques professionnelles dans les grandes entreprises. Il a fondé la Société francophone de mémétique en 2001.
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Kitsuniko
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Un grand merci pour l’éclairage, donc.
Jouxtel
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Je voulais dire que les sciences d’aujourd’hui ont tendance à devenir des « omni-sciences » pour plusieurs raisons et c’est très bien.
Il y a trop de données à traiter qui intérfèrent ensemble constamment, donc on n’a plus le temps d’élaborer des modèles tout seul dans son coin, puis de parcourir le vaste monde à la recherche des preuves de sa théorie.
Alors on pense en commun, et la mémétique, théorie frontalière par excellence, exigerait pour la penser complètement un cerveau tellement complet, une science tellement diversifiée que personne n’en est capable. Il faut donc penser à plusieurs.
En parallèle, la vie en société aujourd’hui nous invite de plus en plus à penser collectivement, à fonctionner en réseau, à développer des intelligences collectives.
Donc le chantier de la mémétique est un chantier pluridisciplinaire expérimental qui plaide pour une pensée pluridisciplinaire. Personne ne pensera la mémétique tout seul car ça ne va pas loin.
Donc, à bientôt,
Pascal